Dre Magali Rizza, Geotop-UQAM
Local PK-7605, 7e étage, 201 ave. du Président-Kennedy
Zoom ID: 894 7556 6955 Passcode: isotope
Les aléas en cascade, où un phénomène naturel en déclenche ou en amplifie un autre (séisme, glissement de terrain, rupture de barrage naturel, inondation), menacent les populations et les infrastructures bien au-delà de ce que chaque aléa causerait isolément. Or les événements extrêmes observés récemment ne racontent qu’une infime partie de l’histoire : ces phénomènes reviennent à l’échelle de plusieurs siècles, voire de millénaires, bien au-delà de la mémoire humaine et des archives écrites. Pour évaluer le risque, il faut donc remonter le temps : quand se sont-ils produits, à quel rythme reviennent-ils, et sont-ils liés entre eux ?
Dater le passé pour mieux anticiper l’avenir : c’est le rôle de la géochronologie. Chaque archive géologique (dépôt de glissement, faille, dépôt de crue) exige son propre outil : le radiocarbone pour la matière organique, la luminescence pour l’enfouissement des sédiments, les isotopes cosmogéniques pour l’exposition des roches aux rayons cosmiques. En les couplant, on étend la période couverte, on recoupe les incertitudes et l’on obtient des chronologies à la fois plus précises et plus fiables.
De l’Asie centrale au Québec, des cascades d’aléas ont bouleversé les paysages pendant des millénaires. À partir de ces cas, je montrerai comment de nouvelles approches géochronologiques révèlent des archives jusqu’ici inexploitées et éclairent la récurrence des événements extrêmes.
Contraindre la chronologie des aléas naturels en cascade : enjeux et outils géochronologiques