Qajartalik : une étude des archives paléoécologiques du nord du Nunavik, en appui à la proposition d’un site culturel patrimonial de l’UNESCO

Projet Innovation du Geotop

2022-2024

Dans la région de Kangiqsujuaq, au Nord du Nunavik, de nombreux vestiges archéologiques côtiers témoignent d’une occupation humaine depuis quatre mille ans. Parmi les sites d’occupation, celui de Qajartalik se singularise par des pétroglyphes de figures humaines sculptées dans la pierre par les Dorsétiens. Afin de promouvoir le caractère unique du site archéologique de Qajartalik, l'Institut culturel Avataq, au nom des communautés inuites du Nunavik, prépare un dossier de candidature pour la reconnaissance formelle de Qajartalik comme site du patrimoine mondial de l’UNESCO. Dans ce contexte, le projet vise à brosser le portrait de l’histoire paléoenvironnementale de la région de Kangiqsujuaq au cours des derniers millénaires à partir de l’étude de sédiments marins et terrestres. On retracera les variations climatiques (températures estivales de l’air et de l’eau, précipitation), écologiques (végétation) et hydrographiques (glace de mer) à une échelle régionale et on portera une attention particulière à différents traceurs de productivité biologique dans le milieu marin qui renferme les ressources halieutiques nécessaires à l’économie de subsistance des Dorsétiens et des Inuits. Parmi les traceurs de productivité, outre le contenu microfossile, géochimique et isotopique du sédiment, on explorera le potentiel de l’ADN pour identifier la présence de grands mammifères comme le morse qui était la proie privilégiée des Dorsétiens. Les résultats fourniront ainsi un cadre environnemental et climatique au cours d’épisodes marqués par des transitions culturelles, notamment celles de l’émergence des dorsétiens il y a près de 2500 ans et leur remplacement par les inuits ancestraux il y a environ 900 ans. Ils permettront d’étayer l’hypothèse de transitions culturelles s’étant effectuées en réponse à des variations du régime climatique et des changements dans l’écosystème marin et terrestre à une échelle régionale.

Le projet Qajartalik repose sur une expertise complémentaire des chercheurs du Geotop, en étroite collaboration avec l’Institut culturel Avataq qui est responsable de la promotion de la candidature de Qajartalik comme site patrimonial de l’UNESCO.